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Salaire & paie

Heures supplémentaires : calcul, majoration et net

Majoration de +25 % puis +50 %, exonération d’impôt jusqu’à 7 500 € et réduction de cotisations : comment calculer vos heures supplémentaires en brut et comprendre ce qu’elles rapportent vraiment en net.

La rédaction CalculatriceVIP12 min de lecture

Une heure supplémentaire est une heure travaillée au-delà de la durée légale de 35 heures par semaine, à la demande ou avec l’accord de l’employeur. Elle est payée plus cher qu’une heure normale : à défaut d’accord, le Code du travail prévoit une majoration de +25 % pour les 8 premières heures supplémentaires de la semaine, puis de +50 % au-delà. Mais le brut majoré ne dit pas tout : les heures supplémentaires bénéficient aussi d’une exonération d’impôt et d’une réduction de cotisations, qui rendent leur net plus avantageux que celui d’heures ordinaires.

Ce guide explique comment se calcule la rémunération des heures supplémentaires, palier par palier, puis ce qu’elles rapportent vraiment une fois l’impôt et les cotisations pris en compte. Chaque section ouvre sur une réponse courte, suivie du détail, d’exemples chiffrés et des tables de référence. Pour estimer directement le brut de vos heures à partir de votre taux horaire, l’outil ci-dessous calcule en direct. Les règles citées sont celles en vigueur en 2026.

Comment se calcule la rémunération des heures supplémentaires ?

Réponse courte

On découpe les heures supplémentaires de la semaine en deux paliers. Les 8 premières (de la 36e à la 43e heure) sont majorées à +25 %, les suivantes (à partir de la 44e) à +50 %. Chaque palier est payé taux horaire × heures × coefficient (1,25 ou 1,50), et la rémunération brute est la somme des deux. C’est le minimum légal, à défaut d’accord plus favorable.

Le calcul repose sur un seuil hebdomadaire de 8 heures. Tant que le total d’heures supplémentaires de la semaine ne dépasse pas 8, tout est majoré à +25 %. Dès la 9e heure supplémentaire (soit la 44e heure de travail dans la semaine), on passe à +50 %. Le découpage se fait toujours par tranche : une même heure n’est jamais comptée deux fois, et on n’applique pas un taux moyen.

Deux précisions importantes. D’abord, ces taux sont supplétifs : une convention collective ou un accord d’entreprise peut fixer d’autres taux, sans jamais descendre sous un plancher de +10 %. Beaucoup de branches appliquent un taux unique de +25 % sur toutes les heures, d’autres des paliers différents — il faut donc toujours vérifier sa convention. Ensuite, ce calcul ne concerne que les salariés à temps plein : un salarié à temps partiel effectue des heures complémentaires, soumises à un régime distinct.

Paliers de majoration légale (à défaut d’accord)
Heures supplémentaires de la semaineRang dans la semaineMajoration
Les 8 premièresDe la 36e à la 43e heure+25 %
À partir de la 9eÀ partir de la 44e heure+50 %

Durée légale du travail : 35 heures par semaine. Taux applicables à défaut de convention collective ou d’accord d’entreprise ; un accord peut prévoir d’autres taux, avec un plancher de +10 %. Contingent annuel de 220 heures par salarié à défaut d’accord (au-delà, une contrepartie obligatoire en repos s’ajoute à la majoration). Source : Code du travail, art. L3121-28 et suivants.

Heures supplémentaires : que reste-t-il en net ?

Réponse courte

Plus qu’une heure normale, à brut égal. Les heures supplémentaires sont exonérées d’impôt sur le revenu dans la limite de 7 500 € nets par an, et allégées de cotisations salariales (réduction d’environ 11,31 %, sans plafond de montant). La CSG et la CRDS restent dues. Résultat : leur net est proportionnellement plus élevé que celui des heures ordinaires.

Trois dispositifs se cumulent. L’exonération d’impôt sur le revenu (article 81 quater du CGI) porte sur la rémunération des heures supplémentaires et complémentaires, dans la limite de 7 500 € nets par an ; au-delà de ce plafond, la fraction excédentaire est imposable au barème. Ce plafond de 7 500 €, relevé en 2022, est reconduit en 2026 : une défiscalisation totale a bien été débattue lors du projet de loi de finances pour 2026, mais elle n’a pas été retenue — le plafond de 7 500 € reste donc en vigueur.

Vient ensuite la réduction de cotisations salariales : une partie des cotisations (au titre de l’assurance vieillesse) est annulée, pour un allègement d’environ 11,31 % de la rémunération brute des heures supplémentaires, sans limite de montant cette fois. La CSG et la CRDS, en revanche, restent dues. Enfin, côté employeur, une déduction forfaitaire de cotisations patronales de 1,50 € par heure supplémentaire s’applique dans les entreprises de moins de 20 salariés, et de 0,50 € dans celles de 20 à 249 salariés — un dispositif étendu en 2026.

Traitement fiscal et social des heures supplémentaires (2026)
DispositifRègle en vigueur
Exonération d’impôt sur le revenu7 500 € nets par an (art. 81 quater du CGI), reconduite en 2026 ; au-delà, imposable au barème
Réduction de cotisations salariales≈ 11,31 % de la rémunération brute (assurance vieillesse), sans plafond de montant
CSG / CRDSDues (non exonérées)
Déduction forfaitaire patronale1,50 €/h (< 20 salariés) · 0,50 €/h (20 à 249 salariés), étendue en 2026
Revenu fiscal de référenceLes heures supplémentaires exonérées y restent comptées (impact possible sur la prime d’activité, les APL…)

Le calculateur affiche le brut, avant application de ces avantages. Sources : Code du travail, article 81 quater du CGI, BOFiP. Le plafond d’exonération et les montants de déduction peuvent évoluer par une prochaine loi de finances.

Exonérées d’impôt, mais comptées dans le revenu fiscal de référence

Même exonérées d’impôt sur le revenu, les heures supplémentaires sont réintégrées dans le revenu fiscal de référence. Or ce revenu sert à calculer des droits sous condition de ressources — prime d’activité, APL, bourses, certaines exonérations locales. Des heures supplémentaires régulières peuvent donc, indirectement, réduire ces aides : un effet à anticiper, surtout pour les revenus modestes.

Le calcul, étape par étape

Réponse courte

Pour 10 heures supplémentaires à 12 €/h : 8 h à +25 % (120 €) + 2 h à +50 % (36 €) = 156 € brut, dont 36 € de majoration. Comme ces heures sont exonérées d’impôt et allégées d’environ 11,31 % de cotisations (soit ≈ 17,64 €), leur net est nettement plus proche du brut que pour des heures normales.

Exemple : 10 heures supplémentaires à 12 € de l’heure
  1. Répartir les heures par palier

    Heures à +25 % = min(10 ; 8) = 8 h ; heures à +50 % = max(0 ; 10 − 8) = 2 h.

  2. Calculer le palier +25 %

    8 h × 12 € × 1,25 = 120 €.

  3. Calculer le palier +50 %

    2 h × 12 € × 1,50 = 36 €.

  4. Additionner et isoler la majoration

    Rémunération brute = 120 € + 36 € = 156 €. Base non majorée = 12 € × 10 = 120 € ; majoration (le surcoût) = 156 € − 120 € = 36 €.

Quatre semaines, quatre montants bruts
5 h sup à 12 €/h

Toutes sous le seuil de 8 h, donc à +25 %. Brut = 5 × 12 × 1,25 = 75 €, dont 15 € de majoration.

10 h sup à 12 €/h

8 h à +25 % (120 €) + 2 h à +50 % (36 €) = 156 € brut, dont 36 € de majoration.

12 h sup à 20 €/h

8 h à +25 % (200 €) + 4 h à +50 % (120 €) = 320 € brut, dont 80 € de majoration.

Et en net ?

Sur 156 € brut : réduction de cotisations ≈ 11,31 % (≈ 17,64 €) et exonération d’impôt → un net bien plus proche du brut que pour des heures normales.

Contingent, accord d’entreprise et repos compensateur

Réponse courte

Au-delà du contingent annuel (220 heures à défaut d’accord), chaque heure supplémentaire ouvre droit, en plus de la majoration, à une contrepartie obligatoire en repos. Un accord de branche ou d’entreprise peut relever ou abaisser ce contingent et fixer des taux de majoration différents (plancher +10 %). Le repos peut aussi remplacer le paiement, sur accord.

Le contingent annuel n’est pas un plafond d’heures supplémentaires : on peut le dépasser, mais les heures effectuées au-delà ouvrent alors droit à une contrepartie obligatoire en repos qui s’ajoute à la majoration de salaire. À défaut d’accord de branche ou d’entreprise, ce contingent est de 220 heures par an et par salarié. C’est l’un des paramètres clés négociés par accord collectif, avec les taux de majoration eux-mêmes.

Le paiement majoré peut par ailleurs être remplacé, en tout ou partie, par un repos compensateur de remplacement, si un accord le prévoit : une heure majorée à +25 % donne alors 1 h 15 de repos. Ce calculateur chiffre uniquement la rémunération brute en argent ; il ne convertit pas les heures en repos et n’intègre pas la contrepartie obligatoire. Enfin, le décompte reste hebdomadaire : pour estimer un mois, appliquez le seuil de 8 heures à chaque semaine séparément, puis additionnez.

Vérifiez toujours votre convention collective

Le barème +25 % puis +50 % est le minimum légal supplétif. Votre convention peut prévoir un taux unique de +25 %, des paliers différents, ou un contingent propre à la branche. En cas d’écart entre votre bulletin de paie et ce calcul, c’est souvent l’accord applicable qui explique la différence : commencez par lui.

Questions fréquentes

En résumé

Retenez la mécanique du brut : à défaut d’accord, les 8 premières heures supplémentaires de la semaine sont majorées à +25 %, les suivantes à +50 %, le tout calculé par tranche à partir de votre taux horaire. C’est exactement ce que chiffre le calculateur.

Mais le vrai avantage des heures supplémentaires se lit en net : exonération d’impôt jusqu’à 7 500 € par an, réduction de cotisations d’environ 11,31 %, avec pour seule contrepartie une CSG/CRDS maintenue et une réintégration dans le revenu fiscal de référence. Vérifiez toujours votre convention collective, qui peut prévoir des taux ou un contingent différents, et servez-vous de l’estimation pour contrôler votre bulletin de paie.

Sources : Code du travail (art. L3121-28 et suivants — durée légale, majorations, contingent), article 81 quater du Code général des impôts (exonération d’impôt sur le revenu), BOFiP. Les taux, plafonds et montants cités sont ceux en vigueur en 2026 ; ils peuvent évoluer par une prochaine loi de finances ou un accord collectif. Cet article fournit une information générale et ne remplace pas votre convention collective, votre service paie ni un conseil juridique : pour un cas précis, vérifiez votre bulletin de paie ou rapprochez-vous des services compétents.

⚠️ Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil fiscal, financier ou juridique. Vérifiez toujours les informations auprès d'un professionnel qualifié ou de la source officielle.