TJM freelance : calculer son taux journalier et fixer son prix
Un TJM se calcule à l’envers : du revenu net visé vers le tarif, en passant par les charges et les jours réellement facturés. La méthode complète, statut par statut, pour fixer un prix qui tient.
Fixer son TJM est la première décision d’un freelance — et la plus mal posée. Trop bas, on travaille beaucoup pour peu ; calé sur un salaire visé sans tenir compte des charges et des jours non facturés, on se trompe de cible. Le bon TJM se calcule à l’envers : du revenu net que vous voulez toucher vers le prix de la journée.
Ce guide déroule la méthode : pourquoi on ne multiplie pas le TJM par tous les jours ouvrés, la différence cruciale entre chiffre d’affaires et revenu, comment partir d’un revenu cible pour fixer son tarif, la place de la TVA, et quand revaloriser. Pour faire l’aller-retour entre TJM, chiffre d’affaires et revenu, l’outil ci-dessous calcule dans les deux sens.
Le TJM, et pourquoi on ne le multiplie pas par 261
Le TJM (taux journalier moyen) est le prix d’une journée de travail facturée, hors taxes. On ne le multiplie pas par tous les jours ouvrés de l’année : seuls les jours réellement facturés comptent — souvent 200 à 220 sur l’année.
Le TJM est l’unité de référence du freelance : ce qu’il facture pour une journée de prestation, en hors taxes. L’erreur de débutant est de le multiplier par 261 jours ouvrés pour estimer son revenu annuel. Or un indépendant ne facture jamais tous ces jours : il faut retrancher les congés, les jours fériés, la prospection, l’administratif, la formation et les périodes sans mission.
En pratique, un freelance installé facture entre 200 et 220 jours par an ; en démarrage, souvent 120 à 180. C’est ce nombre réaliste de jours facturés qu’il faut multiplier par le TJM pour obtenir le chiffre d’affaires — la première étape, pas la dernière.
Chiffre d’affaires ou revenu : ne pas confondre
Le chiffre d’affaires, c’est ce que vous facturez ; le revenu, c’est ce qu’il vous reste après charges. Selon le statut, les charges absorbent de 25 % à 55 % du chiffre d’affaires. Un TJM élevé ne garantit pas un bon revenu net.
C’est le piège le plus coûteux. Multiplier son TJM par ses jours facturés donne le chiffre d’affaires brut — pas le revenu. Il faut ensuite déduire les charges : cotisations sociales, impôts, frais professionnels, et selon le cas la TVA reversée.
Leur poids dépend du statut. En micro-entreprise, les charges tournent autour de 25 à 30 % du chiffre d’affaires ; en société (EURL, SASU) au régime réel, plutôt 40 à 50 % ; en portage salarial, 45 à 55 %. Deux freelances au même TJM peuvent donc afficher des revenus très différents selon leur structure.
Comment fixer son TJM ?
Partez de votre revenu net visé, ajoutez les charges de votre statut et les jours non facturés : vous obtenez le TJM minimum. Confrontez-le ensuite au marché de votre métier et de votre niveau d’expérience.
- Définir le revenu net visé
Fixez le revenu annuel que vous voulez réellement toucher, après charges et impôts.
- Remonter au chiffre d’affaires
Divisez par (1 − taux de charges de votre statut). Avec 30 % de charges, un revenu de 35 000 € suppose un chiffre d’affaires d’environ 50 000 €.
- Diviser par les jours facturés
Rapportez ce chiffre d’affaires à un nombre réaliste de jours facturés (200-220 installé). 50 000 € sur 210 jours donnent un TJM d’environ 240 €.
- Confronter au marché
Comparez ce TJM minimum aux tarifs de votre métier et de votre séniorité. S’il est sous le marché, vous avez de la marge ; au-dessus, ajustez le revenu visé ou les charges.
Faut-il facturer la TVA en freelance ?
Sous le seuil de la franchise en base de TVA (37 500 € pour les services en 2026), vous facturez sans TVA. Au-delà, vous devez la facturer, la collecter et la reverser — sans que cela change votre TJM exprimé en hors taxes.
Tant que votre chiffre d’affaires reste sous le seuil de franchise en base — 37 500 € pour les prestations de services —, vous ne facturez pas de TVA : votre TJM hors taxes est aussi le prix payé par le client. C’est une simplification, surtout face à des clients particuliers.
Au-delà du seuil, vous devenez redevable : vous ajoutez la TVA à vos factures, la collectez pour l’État et la reversez. Pour un client professionnel, qui récupère la TVA, c’est neutre ; pour un particulier, le prix toutes taxes augmente. Le TJM, lui, reste exprimé en hors taxes — la TVA ne fait que s’y ajouter.
Quand et comment augmenter son TJM ?
Revalorisez votre TJM chaque année et à chaque montée en compétence. L’expérience, la spécialisation et la valeur apportée au client justifient la hausse ; annoncez-la à l’avance et appliquez-la d’abord aux nouvelles missions.
Un TJM figé pendant des années équivaut à une baisse de revenu réel, rongée par l’inflation et la hausse de vos compétences. La revalorisation est la norme, pas l’exception : chaque année, et chaque fois que votre expertise progresse.
La méthode compte autant que le montant. Sur les nouvelles missions, appliquez directement le nouveau tarif. Pour un client existant, prévenez à l’avance, justifiez par la valeur apportée plutôt que par vos coûts, et proposez une transition. Un client satisfait accepte généralement une hausse mesurée ; le perdre coûte souvent plus cher que la remise consentie.
Micro-entreprise, EURL, SASU, portage : chaque statut a son taux de charges et ses cotisations. Pour chiffrer précisément ce qui part en cotisations selon votre régime, le calculateur de cotisations URSSAF détaille le passage du chiffre d’affaires au revenu net.
Questions fréquentes
En résumé
Un bon TJM ne sort pas du chapeau : il part du revenu net que vous visez, auquel on ajoute vos charges et les jours que vous ne facturez pas. Le chiffre d’affaires n’est pas le revenu, et le statut — micro, société, portage — décide de l’écart entre les deux.
Fixez votre TJM de référence, confrontez-le au marché, ajustez-le par client, et revalorisez-le chaque année. L’outil fait l’aller-retour entre TJM, chiffre d’affaires et revenu après charges, pour caler votre tarif sur vos objectifs réels.
Sources : régime de la micro-entreprise et de la franchise en base de TVA — service-public.gouv.fr, urssaf.fr ; seuil 2026 de la franchise en base de TVA pour les prestations de services : 37 500 €. Les taux de charges indiqués par statut (micro, société, portage) sont des ordres de grandeur, variables selon l’activité, l’option fiscale et l’ACRE. Cet article fournit une information générale et ne constitue pas un conseil ; pour le choix d’un statut ou le calcul exact de vos charges, rapprochez-vous de l’URSSAF ou d’un expert-comptable.
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