Révision de loyer (IRL) : calcul, plafond et conditions
Loyer × nouvel IRL / ancien IRL, dans la limite de l’indice : comment réviser un loyer, avec le dernier IRL (146,60 au 1er trimestre 2026), les conditions et le gel des passoires thermiques.
L’indice de référence des loyers (IRL) est l’indicateur publié chaque trimestre par l’INSEE qui plafonne l’augmentation annuelle des loyers d’habitation. Un bailleur ne peut pas augmenter le loyer comme il veut : la hausse est limitée à la variation de l’IRL sur un an. La formule est simple : on multiplie le loyer actuel hors charges par le rapport entre le nouvel indice et l’ancien. Si l’IRL a progressé de 0,78 %, le loyer peut au maximum augmenter de 0,78 %.
Ce guide explique comment réviser un loyer pas à pas, quelles conditions respecter (clause au bail, une fois par an, bon trimestre), et les cas où la révision est interdite — notamment les passoires thermiques. Chaque section ouvre sur une réponse courte, suivie du détail, d’exemples chiffrés et des valeurs officielles de l’IRL. Pour calculer le nouveau loyer à partir de vos indices, l’outil ci-dessous le fait en direct.
Qu’est-ce que l’IRL et à quoi sert-il ?
L’IRL (indice de référence des loyers) est un indice publié chaque trimestre par l’INSEE qui plafonne la hausse annuelle des loyers d’habitation. Calculé sur l’évolution des prix à la consommation hors tabac et hors loyers, il fixe le maximum dont un bailleur peut augmenter le loyer : celui-ci ne peut pas progresser plus vite que l’IRL.
L’IRL est une protection légale pour le locataire : il borne les revalorisations de loyer à l’inflation mesurée par l’INSEE. Chaque trimestre, l’institut publie une nouvelle valeur d’indice et la variation annuelle correspondante. Le dernier indice publié, pour le 1er trimestre 2026, s’établit à 146,60 en métropole, soit une hausse de 0,78 % sur un an. C’est cette variation qui plafonne l’augmentation possible des loyers dont le bail vise ce trimestre.
La révision n’est toutefois encadrée que pour le loyer principal, hors charges. Les charges locatives (provisions pour eau, chauffage collectif, entretien des parties communes…) suivent un mécanisme distinct, fondé sur les dépenses réelles et régularisé chaque année sur justificatifs. Pour un calcul correct, on raisonne donc toujours sur le loyer hors charges.
| Trimestre | Valeur de l’IRL | Variation annuelle |
|---|---|---|
| 2e trimestre 2025 | 146,68 | +1,04 % |
| 3e trimestre 2025 | 145,77 | +0,87 % |
| 4e trimestre 2025 | 145,78 | +0,79 % |
| 1er trimestre 2026 | 146,60 | +0,78 % |
Indices INSEE (indice de référence des loyers), métropole. Le 1er trimestre 2026 (146,60) est le dernier indice publié (INSEE, 15 avril 2026). Le 2e trimestre 2026 paraîtra mi-juillet 2026. Vérifiez la valeur exacte du trimestre inscrit à votre bail sur insee.fr. Sources : INSEE, service-public.fr.
Comment calculer le nouveau loyer ?
Nouveau loyer = loyer actuel hors charges × nouvel IRL / ancien IRL. L’ancien IRL est l’indice du trimestre de référence du bail ; le nouvel IRL est la valeur du même trimestre un an plus tard. Pour 700 € avec un IRL passant de 145,47 à 146,60 : 700 × 146,60 / 145,47 = 705,44 €.
- Relever les deux indices
IRL de référence du bail (1er trimestre 2025) = 145,47 ; nouvel IRL (1er trimestre 2026) = 146,60.
- Calculer la variation
(146,60 / 145,47 − 1) × 100 = 0,78 %. C’est le plafond légal de hausse.
- Appliquer la formule
700 × 146,60 / 145,47 = 705,44 €. Le loyer révisé ne peut pas dépasser ce montant.
- Mesurer l’impact
Hausse mensuelle : 705,44 − 700,00 = 5,44 €. Sur l’année : 5,44 × 12 = 65,28 €.
Même avec une clause au bail, la révision n’est pas automatique : le bailleur doit la demander pour qu’elle prenne effet, et seulement pour l’avenir. Il dispose d’un an, à compter de la date prévue, pour la réclamer ; passé ce délai, la hausse de l’année est définitivement perdue et ne se rattrape pas. Aucune régularisation rétroactive des mois écoulés n’est possible.
Conditions et cas où la révision est interdite
Trois conditions : une clause d’indexation doit figurer au bail, la révision intervient une fois par an à la date prévue, et l’on utilise l’IRL du trimestre inscrit au contrat. La révision à la hausse est en outre interdite pour les passoires thermiques (DPE F ou G) et plafonnée dans les communes en zone tendue qui encadrent les loyers.
Sans clause d’indexation dans le bail, le loyer reste figé toute la durée du contrat : aucune hausse annuelle n’est possible, même si l’IRL progresse. Quand la clause existe, elle précise la date de révision et le trimestre IRL de référence — et c’est ce trimestre précis qu’il faut utiliser, sous peine d’un calcul erroné. La révision ne peut intervenir qu’une fois par an, et jamais au-delà de la variation de l’indice : toute hausse supérieure est illégale et contestable.
Deux blocages s’ajoutent. Depuis le 24 août 2022, les logements classés F ou G au diagnostic de performance énergétique (les passoires thermiques) ne peuvent plus voir leur loyer révisé à la hausse, tant que des travaux n’ont pas amélioré leur classement : la révision est gelée, même si le calcul de l’IRL donne une augmentation possible. Par ailleurs, dans les communes en zone tendue appliquant l’encadrement des loyers, la hausse ne peut pas porter le loyer au-delà du loyer de référence majoré, indépendamment de l’IRL.
Un logement classé F ou G au DPE ne peut pas voir son loyer augmenté, ni à la révision annuelle, ni au renouvellement du bail, ni entre deux locataires. Même si l’IRL autorise une hausse, elle ne s’applique pas tant que le logement reste une passoire thermique. Vérifiez impérativement le classement DPE avant toute révision.
Questions fréquentes
En résumé
Retenez la formule : nouveau loyer = loyer hors charges × nouvel IRL / ancien IRL, dans la limite de la variation de l’indice. Le dernier IRL publié, pour le 1er trimestre 2026, est de 146,60 (+0,78 % sur un an). La révision suppose une clause au bail, intervient une fois par an, n’est ni automatique ni rétroactive, et doit utiliser le trimestre IRL inscrit au contrat.
Vérifiez surtout les cas de blocage : un logement classé F ou G au DPE ne peut pas être revalorisé, et l’encadrement en zone tendue peut plafonner la hausse en deçà de l’IRL. Servez-vous de l’outil pour calculer le plafond, puis confirmez l’indice exact sur insee.fr ; en cas de litige, une ADIL ou la commission de conciliation peut vous aider gratuitement.
Sources : INSEE (indice de référence des loyers, publication du 1er trimestre 2026 le 15 avril 2026), service-public.fr et ANIL (agence nationale pour l’information sur le logement). La formule de révision et le gel des loyers des passoires thermiques (logements classés F ou G au DPE) résultent de la loi du 6 juillet 1989 (art. 17-1) et de la loi Climat et résilience du 22 août 2021. Les valeurs d’IRL évoluent chaque trimestre ; vérifiez toujours l’indice en vigueur sur insee.fr. Cet article fournit une information générale et ne remplace pas la lecture de votre bail ni un conseil juridique.
À lire aussi
Rendement locatif : brut, net, net-net — le vrai calcul
L’annonce affiche un rendement brut flatteur. Voici comment passer du brut au net puis au net-net après impôt, et pourquoi le crédit et le cash-flow changent tout.
Frais de notaire 2026 : calcul, barème, ancien vs neuf
Ce que recouvrent vraiment les « frais de notaire » : taxes, émoluments, débours. Pourquoi l’ancien coûte 7-8 % et le neuf 2-3 %, comment se fait le calcul, qui paie et comment réduire la note. Exemples chiffrés par tranche de prix.