Indemnité de licenciement : calcul et barème légal
Barème de 1/4 et 1/3 de mois par année, salaire de référence le plus favorable et exonération jusqu’à 2 PASS : comment estimer l’indemnité légale de licenciement et la comparer à votre convention collective.
L’indemnité légale de licenciement est la somme minimale qu’un employeur doit verser à un salarié en CDI qu’il licencie, dès lors que celui-ci compte au moins 8 mois d’ancienneté ininterrompue et que le licenciement ne repose pas sur une faute grave ou lourde. Son calcul, fixé par le Code du travail, retient deux taux selon l’ancienneté : un quart de mois de salaire par année jusqu’à dix ans, un tiers de mois par année au-delà.
Ce guide détaille la formule pas à pas, explique comment déterminer le salaire de référence — l’étape qui change tout —, et précise le régime fiscal de l’indemnité, exonérée d’impôt dans des limites élevées. Chaque section ouvre sur une réponse courte, suivie du détail, d’exemples chiffrés et des tables de référence. Pour estimer directement votre indemnité à partir de votre salaire de référence et de votre ancienneté, l’outil ci-dessous calcule en direct. Le barème est celui en vigueur depuis la réforme de 2017, applicable en 2026.
Comment se calcule l’indemnité légale de licenciement ?
Sur deux taux selon l’ancienneté : 1/4 de mois de salaire de référence par année pour les dix premières années, puis 1/3 de mois par année au-delà de dix ans. Les années incomplètes comptent au prorata des mois. Il faut au moins 8 mois d’ancienneté, un CDI, et un licenciement sans faute grave ni lourde.
Depuis l’ordonnance du 22 septembre 2017 (en vigueur le 27 septembre 2017), la formule est unique pour le minimum légal. Pour les dix premières années d’ancienneté, chaque année vaut un quart de mois de salaire de référence. Pour chaque année au-delà de dix ans, le taux passe à un tiers de mois. On additionne les deux parts. Les années incomplètes sont valorisées au prorata : six mois comptent pour 0,5 année, trois mois pour 0,25.
Trois conditions ouvrent le droit à cette indemnité. Le contrat doit être un CDI ; l’ancienneté doit atteindre au moins 8 mois ininterrompus (un seuil abaissé de 12 à 8 mois par la réforme de 2017) ; et le licenciement ne doit pas être prononcé pour faute grave ou lourde, qui privent le salarié de l’indemnité. L’ancienneté se compte jusqu’à la fin du préavis, même lorsque celui-ci n’est pas effectué.
| Tranche d’ancienneté | Indemnité par année |
|---|---|
| Jusqu’à 10 ans | 1/4 de mois de salaire de référence par année |
| Au-delà de 10 ans | 1/3 de mois de salaire de référence par année (en plus) |
Les années incomplètes sont comptées au prorata du nombre de mois travaillés. Ancienneté minimale requise : 8 mois ininterrompus (CDI, hors faute grave ou lourde). Barème en vigueur depuis le 27 septembre 2017. Source : Code du travail, art. L1234-9 et R1234-2.
Le salaire de référence : l’étape qui change tout
Le salaire de référence est le plus favorable entre deux méthodes : la moyenne des 12 derniers mois de salaire brut, ou le tiers des 3 derniers mois. Dans la seconde, les primes annuelles sont reprises au prorata. C’est ce salaire de référence, primes incluses, qu’il faut saisir — pas le seul salaire de base.
L’indemnité ne se calcule pas sur le salaire de base, mais sur un salaire de référence reconstitué de la manière la plus avantageuse pour le salarié. Deux méthodes sont comparées, et on retient le résultat le plus élevé. La première prend la moyenne des douze derniers mois de salaire brut précédant le licenciement. La seconde prend le tiers des trois derniers mois ; dans ce cas, une prime ou gratification annuelle versée pendant ces trois mois n’est comptée qu’au prorata (par exemple, une prime annuelle ne pèse que pour 3/12).
Cette étape est décisive : intégrer correctement les primes peut sensiblement augmenter le salaire de référence, et donc l’indemnité. C’est aussi la principale source d’erreur sur les soldes de tout compte. Le calculateur part du salaire de référence que vous saisissez : à vous de déterminer au préalable, par ces deux méthodes, le montant le plus favorable.
L’indemnité légale est un plancher. Votre convention collective de branche, un accord d’entreprise ou votre contrat peuvent prévoir une indemnité conventionnelle plus favorable. On retient alors la plus élevée des deux, jamais le cumul. De nombreuses branches (métallurgie, banque…) dépassent nettement le minimum légal au-delà d’une certaine ancienneté : calculez les deux avant toute négociation.
Le calcul, étape par étape
Pour 15 ans d’ancienneté à 2 000 € de salaire de référence : 1/4 × 2 000 × 10 = 5 000 € pour les dix premières années, plus 1/3 × 2 000 × 5 = 3 333,33 € pour les cinq années au-delà, soit 8 333,33 € d’indemnité légale (environ 4,17 mois de salaire).
- Part des 10 premières années (taux 1/4)
1/4 × 2 000 € × 10 = 5 000 €.
- Part au-delà de 10 ans (taux 1/3)
1/3 × 2 000 € × 5 = 3 333,33 € (pour les 5 années au-delà de 10 ans).
- Additionner les deux parts
5 000 € + 3 333,33 € = 8 333,33 € d’indemnité légale.
- Lire l’équivalent en mois
8 333,33 € ÷ 2 000 € = 4,17 mois de salaire de référence.
Ancienneté ≤ 10 ans, seul le taux 1/4 s’applique : 1/4 × 2 000 × 5 = 2 500 € (1,25 mois).
5 000 € (10 ans à 1/4) + 3 333,33 € (5 ans à 1/3) = 8 333,33 € (≈ 4,17 mois).
Salaire de base 2 400 € + prime annuelle 3 600 € → référence 2 700 €. Indemnité = 1/4 × 2 700 × 8 = 5 400 €.
Ancienneté = 7,5 ans (prorata des mois) : 1/4 × 1 800 × 7,5 = 3 375 €.
L’indemnité est-elle imposable ? Et que s’y ajoute-t-il ?
L’indemnité légale (et conventionnelle) est exonérée d’impôt sur le revenu et de cotisations sociales, dans la limite de 2 PASS — soit environ 96 120 € en 2026 (2 × 48 060). Au-delà, la fraction excédentaire devient imposable et soumise à cotisations. À l’indemnité s’ajoutent, le cas échéant, le préavis et les congés payés non pris.
Sur le plan fiscal, l’indemnité légale de licenciement est en principe exonérée d’impôt sur le revenu. Pour les indemnités plus élevées (notamment supra-légales), l’exonération est plafonnée : la fraction exonérée correspond au plus avantageux de plusieurs montants, dans la limite d’un plafond annuel. Côté cotisations sociales, l’exonération joue dans la limite de deux fois le plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS), soit environ 96 120 € en 2026 (2 × 48 060 €) ; au-delà, la part excédentaire est soumise à cotisations, et la CSG/CRDS suit ses propres règles.
Il ne faut pas confondre l’indemnité de licenciement avec les autres sommes du solde de tout compte. L’indemnité compensatrice de préavis (si l’employeur dispense le salarié de l’effectuer) et l’indemnité compensatrice de congés payés non pris s’ajoutent à l’indemnité de licenciement : elles ne sont pas comprises dans ce calcul. Pour estimer ce qui restera réellement, raisonnez sur l’ensemble du solde de tout compte, et non sur la seule indemnité légale.
Un licenciement pour faute grave ou faute lourde prive le salarié de l’indemnité légale de licenciement (et de l’indemnité de préavis) ; seule l’indemnité de congés payés reste due. La qualification de la faute est souvent l’enjeu central d’un litige : elle peut être contestée devant le conseil de prud’hommes. Cet outil suppose un licenciement ouvrant droit à l’indemnité (hors faute grave ou lourde).
Questions fréquentes
En résumé
Retenez la formule : 1/4 de mois de salaire de référence par année jusqu’à dix ans, puis 1/3 de mois par année au-delà, avec un minimum de 8 mois d’ancienneté et hors faute grave ou lourde. Le point qui fait basculer le montant n’est pas le barème, mais le salaire de référence : prenez le plus favorable entre la moyenne des 12 derniers mois et le tiers des 3 derniers, primes au prorata.
Comparez toujours ce plancher légal à l’indemnité conventionnelle de votre branche, sachez que l’indemnité est largement exonérée (jusqu’à environ 96 120 € en 2026 côté cotisations), et n’oubliez pas le préavis et les congés payés qui s’y ajoutent. Servez-vous de l’estimation pour contrôler votre solde de tout compte ou préparer une négociation, puis confirmez avec votre convention collective ou un conseil en droit du travail.
Sources : Code du travail, art. L1234-9 (conditions d’ouverture du droit) et R1234-2 (barème de calcul), service-public.fr. Le barème cité est en vigueur depuis le 27 septembre 2017 ; les plafonds d’exonération (2 PASS, PASS 2026 ≈ 48 060 €) peuvent évoluer par une prochaine loi. Cet article fournit une information générale et ne remplace pas votre convention collective ni un conseil juridique : pour un cas précis, rapprochez-vous d’un avocat en droit du travail, de l’inspection du travail ou du conseil de prud’hommes.
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