Droits de succession : abattement, barème et calcul
Abattement de 100 000 € en ligne directe, barème de 5 % à 45 %, et des taux qui grimpent selon le lien de parenté : comment estimer les droits de succession et les anticiper légalement.
Les droits de succession sont l’impôt dû lors de la transmission d’un patrimoine au décès. Leur montant dépend de deux choses : le lien de parenté entre le défunt et l’héritier, qui fixe un abattement et un barème, et la valeur de la part reçue. En ligne directe — d’un parent à son enfant — chaque enfant profite d’un abattement de 100 000 € par parent, puis d’un barème progressif de 5 % à 45 % sur ce qui dépasse.
Ce guide explique comment se calcule cet impôt pas à pas, ce que change le lien de parenté (un conjoint est exonéré, un frère ou un neveu paie beaucoup plus), et comment l’anticiper légalement. Chaque section ouvre sur une réponse courte, suivie du détail, d’exemples chiffrés et des tables officielles. Pour estimer les droits en ligne directe à partir de votre part, l’outil ci-dessous calcule en direct. Les barèmes 2026 sont inchangés par rapport à 2025.
Comment se calculent les droits de succession en ligne directe ?
On part de la part nette reçue par l’héritier. On retire un abattement de 100 000 € par enfant et par parent, ce qui donne la part taxable. On applique ensuite à cette part taxable un barème progressif par tranches, de 5 % à 45 %. Chaque enfant est imposé séparément, sur sa propre part.
Le calcul tient en deux étapes. D’abord l’abattement : chaque enfant peut recevoir jusqu’à 100 000 € de son père et 100 000 € de sa mère sans aucun droit. Seule la fraction qui dépasse cet abattement est taxable, et l’abattement se reconstitue tous les 15 ans — d’où l’intérêt d’anticiper par des donations. Ensuite le barème progressif s’applique à la part taxable, exactement comme l’impôt sur le revenu : la part est découpée en tranches, chacune imposée à son taux, et seuls les euros d’une tranche supérieure subissent le taux le plus élevé.
Deux notions à ne pas confondre. Le taux marginal est celui de la tranche la plus haute atteinte (20 %, 30 %…) ; le taux moyen, lui, rapporte les droits à la part totale reçue, abattement inclus. C’est le taux moyen qui mesure le poids réel de l’impôt : il reste bien inférieur au taux marginal, car les 100 000 € d’abattement sont exonérés et les premiers euros taxables le sont faiblement.
| Fraction de la part taxable | Taux |
|---|---|
| Jusqu’à 8 072 € | 5 % |
| De 8 072 € à 12 109 € | 10 % |
| De 12 109 € à 15 932 € | 15 % |
| De 15 932 € à 552 324 € | 20 % |
| De 552 324 € à 902 838 € | 30 % |
| De 902 838 € à 1 805 677 € | 40 % |
| Au-delà de 1 805 677 € | 45 % |
Barème de l’article 777 du CGI, applicable aux transmissions en ligne directe (ascendants et descendants), après l’abattement de 100 000 €. Inchangé par la loi de finances pour 2026. Sources : service-public.fr, impots.gouv.fr, BOFiP.
L’abattement et le taux dépendent du lien de parenté
Plus le lien est éloigné, moins l’abattement est élevé et plus le taux grimpe. Le conjoint et le partenaire de PACS sont totalement exonérés. Un enfant a 100 000 € d’abattement ; un frère ou une sœur 15 932 €, un neveu 7 967 €, une personne sans lien de parenté seulement 1 594 €, avec des taux pouvant atteindre 55 % ou 60 %.
| Lien de parenté | Abattement | Taux applicable |
|---|---|---|
| Conjoint marié ou partenaire de PACS | — | Exonéré (aucun droit) |
| Enfant / parent (ligne directe) | 100 000 € | Barème progressif 5 % → 45 % |
| Frère ou sœur | 15 932 € | 35 % jusqu’à 24 430 €, puis 45 % |
| Neveu ou nièce | 7 967 € | 55 % |
| Parent éloigné (au-delà du 4e degré) ou non-parent | 1 594 € | 60 % |
| Personne handicapée | + 159 325 € (cumulable) | selon le lien |
Abattement spécifique de 159 325 € pour une personne en situation de handicap, cumulable avec l’abattement lié au lien de parenté (art. 779 CGI). Le conjoint survivant et le partenaire de PACS sont exonérés depuis la loi du 21 août 2007. Un abattement de 20 % s’applique en outre sur la résidence principale du défunt sous conditions (art. 764 bis CGI). Sources : service-public.fr, BOFiP.
Le simulateur applique l’abattement de 100 000 € et le barème parent-enfant. Pour un frère, un neveu ou un tiers, l’abattement et le taux sont très différents (jusqu’à 60 %) : le résultat de l’outil ne s’applique pas à ces cas, présentés ici à titre de référence. Le notaire établit le calcul exact selon votre lien réel avec le défunt.
Le calcul, étape par étape
Sur une part de 200 000 € reçue par un enfant : abattement 100 000 € → part taxable 100 000 €. Barème : 5 % × 8 072 + 10 % × 4 037 + 15 % × 3 823 + 20 % × 84 068 = 18 194 € de droits, soit un taux moyen de 9,1 % et une part nette de 181 806 €.
- Appliquer l’abattement
Part reçue 200 000 € − abattement 100 000 € = 100 000 € de part taxable.
- Découper en tranches du barème
5 % sur 8 072 € (403,60 €) + 10 % sur 4 037 € (403,70 €) + 15 % sur 3 823 € (573,45 €) + 20 % sur les 84 068 € restants (16 813,60 €).
- Additionner les droits
403,60 + 403,70 + 573,45 + 16 813,60 = 18 194,35 € de droits de succession.
- Lire le taux moyen et la part nette
Taux moyen = 18 194,35 ÷ 200 000 = 9,10 %. Part nette pour l’enfant = 200 000 − 18 194,35 = 181 805,65 €.
Part taxable 50 000 €. Droits ≈ 8 194 €, taux moyen 5,46 %. Part nette ≈ 141 806 €.
Part taxable 100 000 €. Droits ≈ 18 194 €, taux moyen 9,10 %. Part nette ≈ 181 806 €.
Part taxable 200 000 €. Droits ≈ 38 194 €, taux moyen 12,73 %. Part nette ≈ 261 806 €.
Part taxable 600 000 €. Droits ≈ 122 962 €, taux moyen 17,57 %. Part nette ≈ 577 038 €.
Comment réduire légalement les droits ?
Le levier principal est l’anticipation : une donation permet d’utiliser l’abattement de 100 000 €, qui se reconstitue tous les 15 ans. S’y ajoutent le démembrement (donner la nue-propriété en gardant l’usufruit), l’assurance-vie dans son cadre propre, et l’abattement de 20 % sur la résidence principale.
Donner de son vivant est le mécanisme le plus puissant. En transmettant par tranches espacées de 15 ans, on réutilise plusieurs fois l’abattement de 100 000 € par parent et par enfant, ce qui réduit d’autant la part taxable au décès. Le démembrement de propriété va plus loin : en donnant la nue-propriété tout en conservant l’usufruit (l’usage et les revenus), on ne transmet qu’une valeur réduite, calculée selon l’âge du donateur — et au décès, l’usufruit s’éteint sans droits supplémentaires.
Attention au rappel fiscal : les donations consenties dans les 15 années précédant le décès sont réintégrées au calcul. Une donation récente « consomme » l’abattement, qui n’est alors plus disponible une seconde fois avant l’échéance des 15 ans. L’assurance-vie, enfin, suit des règles distinctes (abattement de 152 500 € par bénéficiaire pour les primes versées avant 70 ans) et transmet le plus souvent les capitaux hors succession. Ces stratégies se mettent en place avec un notaire.
Lorsque le défunt laisse sa résidence principale et qu’elle reste occupée par le conjoint, le partenaire de PACS ou un enfant, sa valeur est réduite de 20 % avant le calcul des droits. C’est un allègement notable sur un actif souvent lourd et peu liquide. L’outil ne l’applique pas : faites estimer le bien et vérifiez avec le notaire.
Questions fréquentes
En résumé
En ligne directe, retenez la mécanique : abattement de 100 000 € par parent et par enfant, puis barème progressif de 5 % à 45 % sur la part taxable. Le taux moyen réel reste modéré tant que la part n’est pas très élevée, car l’abattement et les tranches basses pèsent lourd.
Mais tout change avec le lien de parenté : un conjoint est exonéré, un frère, un neveu ou un tiers paient beaucoup plus, jusqu’à 60 %. L’anticipation — donation, démembrement, assurance-vie, abattement de 20 % sur la résidence principale — est le vrai levier d’optimisation. Utilisez l’estimation pour cadrer les montants, puis confiez le calcul définitif à un notaire, seul habilité à l’établir.
Sources : Code général des impôts (art. 777 barème, art. 779 abattements, art. 764 bis résidence principale), service-public.fr, impots.gouv.fr et BOFiP (BOI-ENR-DMTG). Les barèmes et abattements cités sont ceux en vigueur en 2026, inchangés par la loi de finances ; ils peuvent évoluer par une prochaine loi de finances. Cet article fournit une information générale et ne remplace pas un notaire : pour toute succession, le calcul qui fait foi est celui établi par le notaire ou l’administration fiscale.
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