Barème kilométrique : calcul, tarifs et frais réels
Distance, puissance fiscale, trois tranches et majoration électrique : comment calculer votre indemnité kilométrique pour la déduire au titre des frais réels, barème 2026 à l’appui.
Le barème kilométrique est le tableau officiel qui permet de chiffrer, de façon forfaitaire, le coût d’utilisation de votre voiture personnelle à des fins professionnelles — pour le déduire de votre revenu imposable. Plutôt que d’additionner chaque dépense, vous multipliez votre distance professionnelle annuelle par un tarif au kilomètre qui dépend de la puissance fiscale du véhicule. Ce tarif intègre déjà tout : carburant, entretien, assurance, pneumatiques et dépréciation.
Ce guide explique comment lire le barème, comment il se calcule selon trois tranches de distance, ce qui change pour un véhicule électrique, et quand l’option des frais réels devient plus avantageuse que l’abattement automatique de 10 %. Chaque section ouvre sur une réponse courte, suivie du détail et d’exemples chiffrés. Pour calculer votre indemnité, l’outil ci-dessous applique le barème en vigueur en direct.
À quoi sert le barème kilométrique ?
Le barème kilométrique sert à évaluer forfaitairement les frais d’usage d’un véhicule personnel pour des déplacements professionnels, afin de les déduire de votre revenu imposable au titre des frais réels. Il couvre le carburant, l’entretien, les réparations, l’assurance, les pneumatiques et la dépréciation : vous n’ajoutez rien au titre de ces postes.
Un salarié qui engage des frais professionnels peut choisir, sur sa déclaration, de déduire ses frais réels au lieu de l’abattement automatique de 10 %. Pour la voiture, calculer le coût réel poste par poste serait fastidieux : l’administration publie donc un barème forfaitaire. Vous multipliez vos kilomètres professionnels par un tarif au kilomètre, et le tour est joué — le résultat est réputé couvrir l’ensemble des frais d’usage du véhicule.
Attention à ne pas confondre ce barème avec un simple calcul de prix du carburant pour un trajet. Le barème kilométrique est un outil fiscal : il chiffre une déduction d’impôt, pas le coût d’un plein. C’est pourquoi son montant au kilomètre dépasse largement le seul carburant : il intègre aussi l’usure et l’assurance.
Comment se calcule le barème : les trois tranches
Le calcul dépend de la distance annuelle. Jusqu’à 5 000 km, on applique un tarif unique au kilomètre. De 5 001 à 20 000 km, un tarif réduit auquel s’ajoute un forfait fixe. Au-delà de 20 000 km, à nouveau un tarif unique, sans forfait. Plus on roule, plus le coût moyen au kilomètre diminue.
La structure en trois tranches reflète une réalité : les premiers kilomètres coûtent proportionnellement plus cher (l’assurance et la dépréciation pèsent quel que soit le kilométrage). La tranche intermédiaire applique donc un tarif au kilomètre plus faible, mais ajoute un forfait fixe qui « rattrape » les frais déjà engagés sur les 5 000 premiers kilomètres. Au-delà de 20 000 km, on revient à un tarif unique, sans forfait. C’est cette mécanique qui rend le coût moyen au kilomètre dégressif.
- Repérer la tranche
8 000 km se situe entre 5 001 et 20 000 km : on est dans la tranche intermédiaire, avec tarif réduit + forfait.
- Appliquer le tarif et le forfait
Pour 5 CV : tarif 0,357 €/km, forfait 1 395 €. Indemnité = 8 000 × 0,357 + 1 395 = 2 856 + 1 395 = 4 251 €.
- Lire le coût moyen
4 251 ÷ 8 000 ≈ 0,53 €/km, soit moins que le tarif de la première tranche (0,636 €) : c’est l’effet dégressif du barème.
Le barème 2026 (revenus 2025) pour les voitures
Le barème dépend de la puissance fiscale (de 3 CV à 7 CV et plus) et de la tranche de distance. Pour les frais 2026, il reconduit l’arrêté du 27 mars 2023, sans revalorisation pour la troisième année. Il est plafonné à 7 CV et concerne les voitures ; les deux-roues ont leur propre barème.
| Puissance | Jusqu’à 5 000 km | De 5 001 à 20 000 km | Au-delà de 20 000 km |
|---|---|---|---|
| 3 CV et moins | d × 0,529 | d × 0,316 + 1 065 | d × 0,370 |
| 4 CV | d × 0,606 | d × 0,340 + 1 330 | d × 0,407 |
| 5 CV | d × 0,636 | d × 0,357 + 1 395 | d × 0,427 |
| 6 CV | d × 0,665 | d × 0,374 + 1 457 | d × 0,447 |
| 7 CV et plus | d × 0,697 | d × 0,394 + 1 515 | d × 0,470 |
Source : arrêté du 27 mars 2023 (JO du 7 avril 2023), reconduit pour les revenus 2025 (impots.gouv.fr, BOFiP). La puissance fiscale figure au repère P.6 de la carte grise. Plafond à 7 CV : un véhicule plus puissant est calculé au tarif des 7 CV. Véhicules 100 % électriques : montant majoré de 20 %.
Pour un véhicule 100 % électrique, on calcule d’abord le montant comme pour un thermique, puis on lui applique une majoration de 20 % (× 1,20). Elle est réservée à l’électrique : les véhicules hybrides, même rechargeables, et ceux à hydrogène ne l’obtiennent pas et relèvent du barème standard. Exemple : 4 251 € pour un thermique 5 CV deviennent 5 101,20 € en électrique.
Quatre cas chiffrés
Pour 5 CV : 4 000 km donnent 2 544 € (tranche 1) ; 8 000 km donnent 4 251 € (tranche 2 avec forfait). Un 7 CV à 25 000 km atteint 11 750 € (tranche 3). En électrique, le montant est majoré de 20 %.
4 000 × 0,636 = 2 544 €. Tarif unique au kilomètre, sans forfait.
8 000 × 0,357 + 1 395 = 4 251 €. Coût moyen ≈ 0,53 €/km.
25 000 × 0,470 = 11 750 €. Au-delà de 20 000 km, tarif unique, sans forfait.
4 251 × 1,20 = 5 101,20 €, soit 850,20 € de plus qu’un thermique équivalent.
Frais réels ou abattement de 10 % : comment choisir ?
Chaque salarié bénéficie d’un abattement automatique de 10 % sur ses salaires. Opter pour les frais réels n’est intéressant que si le total de vos frais — barème kilométrique compris — dépasse cet abattement. C’est souvent le cas pour de longs trajets domicile-travail, déductibles dans la limite de 40 km aller.
Le calcul est simple : estimez votre indemnité kilométrique, ajoutez vos autres frais réels (repas, formation, documentation), puis comparez le total à 10 % de votre salaire net imposable. Si les frais réels l’emportent, cochez l’option sur votre déclaration ; sinon, conservez l’abattement automatique, plus avantageux.
Les trajets domicile-travail sont déductibles à raison d’un aller-retour par jour, dans la limite de 40 km par trajet. Au-delà, la déduction reste possible si vous justifiez de circonstances particulières (emploi éloigné, raisons de santé, scolarisation des enfants). Dans tous les cas, vous devez pouvoir prouver la réalité de votre kilométrage professionnel : agenda, ordres de mission, relevés.
Questions fréquentes
En résumé
Le barème kilométrique chiffre forfaitairement le coût de votre voiture pour vos déplacements professionnels : distance annuelle × tarif au kilomètre selon la puissance fiscale, en trois tranches. Il couvre tout (carburant, entretien, assurance, dépréciation) et reconduit pour 2026 l’arrêté du 27 mars 2023, sans revalorisation. Les véhicules 100 % électriques bénéficient d’une majoration de 20 %, pas les hybrides.
Il n’a d’intérêt que dans le cadre des frais réels, à comparer à l’abattement automatique de 10 % : calculez, ajoutez vos autres frais, puis choisissez l’option la plus avantageuse. Conservez toujours de quoi justifier vos kilomètres, et vérifiez le barème en vigueur sur impots.gouv.fr avant de déclarer.
Sources : barème kilométrique issu de l’arrêté du 27 mars 2023 (JO du 7 avril 2023), reconduit pour les frais 2026 (revenus 2025), publié par l’administration fiscale (impots.gouv.fr, BOFiP). Majoration de 20 % réservée aux véhicules 100 % électriques. Barème applicable aux voitures, plafonné à 7 CV ; les deux-roues relèvent de barèmes distincts. Les tarifs et plafonds cités valent pour les revenus 2025 et peuvent évoluer par arrêté. Cet article fournit une information générale et ne remplace pas la déclaration ni un conseil fiscal : vérifiez le barème en vigueur sur impots.gouv.fr et, en cas de doute, rapprochez-vous de l’administration ou d’un professionnel.
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